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FESTIVAL FASO HIP-HOP : 20 ans après le premier album rap…

Le Burkina Faso a connu son heure de gloire avec ses rappeurs. Au début des années 2000, de grands rappeurs et de grands groupes tels Basic Soul, Smockey, wed’Hyack, Kas Boven, Yeleen, Faso Kombat, Censure, OBC, Sofaa… la liste est longue et même très longue en ce qui concerne ces artistes qui ont animé la scène musicale burkinabè pendant plus d’une dizaine d’années.

Ce genre musical était écouté par toutes les couches de la société et ce, à travers la diversité de ces rappeurs et de ces groupes. Certains musiciens avaient pu conquérir la sous-région et même l’international avec ce qu’on pouvait désormais appeler le « rap made in Burkina ».

« Le mouvement Hip Hop était présent depuis les années 1987. C’est aux débuts des années 1990 que le côté MC, rap a émergé », a dit Souleymane Ouédraogo alias Basic Soul, le premier rappeur au Burkina Faso à mettre un album sur le marché en 1997.

« Il faut rendre hommage à des premières personnes au niveau des radio fm qui ont produit des émission pour permettre la diffusion de ces musiques rap. Des émissions en direct qui permettaient à des rappeurs de s’exprimer. C’était une grande formation déjà. J’ai participé à ces genres d’émission comme Raptime en 94, 95 et 96. C’est à travers cette émission que j’ai pu avoir une production », a expliqué Basic Soul.

Mais depuis plus d’une dizaine d’années, le « Rap burkinabè » connaît « un recul ». De grands groupes ont disloqué (Yeleen, Faso Kombat…), d’autres genres musicaux ont fait leur apparition (Coupé Décalé, Naïja Music…). Pour tout couronner, le festival de référence qui faisait la véritable promotion du Hip-hop, du rap burkinabè s’est « métamorphosé » pour diverses raisons. Waga Hip-hop devenu Waga Festival.

« Waga Hip-hop s’est métamorphosé pour devenir Waga Festival parce que le promoteur n’arrivait plus à faire en sorte que le rap simplement lui procure des partenariats pour l’organisation », a indiqué Souleymane Ouédraogo. Le rap burkinabè a donc pris un coup dur avec ces succession d’événements.

« On a fait un constat depuis une dizaine d’année que le rap était en recul, on ne va pas parler de déclin. Face à cela, il y a des jeunes qui se sont dits qu’il faut faire quelque chose pour redynamiser le secteur. C’est dans cela que s’inscrit le festival « Faso Hip Hop », un événement qui se veut annuel », a dit Basic Soul.

« C’est dans le souci de booster ce genre musical que j’ai décidé de mettre en place ce festival qui est à sa deuxième édition. Malgré les difficultés de financement nous allons tout faire pour tenir », a déclaré Opouna Coulibaly bien connu sous le pseudonyme de Docteur K, lui-même rappeur et membre du mythique groupe K-Djoba.

Ainsi le jeudi 9 novembre, un géant podium était dressé à la rue de la cité universitaire Patte-d’oie. Durant trois jours au moins une vingtaine de rappeurs se sont succédés sur la scène. Des anciens tels Basic Soul, Smockey, Duden J, Duny Yaam, Leekma et des valeurs sûres de la nouvelle génération comme Askoy, Thaliane, Will B Black, Arr Melody et bien d’autres ont chauffé la scène. Le Festival Faso Hip-hop a connu sa dernière soirée le samedi 11 novembre.

Des initiatives sont en train d’être mises en place pour donner au rap burkinabè ses lettres de noblesse.

« Je sais qu’il y a de nombreuses initiatives qui sont en train d’émerger pour faire en sorte que le rap redevienne la musique numéro 1 parce qu’on s’est rendu compte qu’il y a un engouement de la jeunesse. ces jeunes ne demandent qu’à être soutenus », a annoncé Basic Soul. Espérons donc !

Lamine TRAORE

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