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« Il faut savoir partager sa culture, pour que l’on puisse localiser le Burkina », (Awa Melone, musicienne)

La musicienne burkinabè Awa Melone fait son grand retour. Dix ans après la sortie de son premier album exactement en 2007, celle qui a accompagné des musiciens africains tels que Tiken Jah Fakoly, Fadal Dey, Bil Aka Kora ou encore Alif Naaba revient cette année avec son 2e album baptisé « Tama », (la marche en langue dioula).
Elle est connue sous le nom de Awa Melone, à l’état civil Awa Bakayoko. Notre musicienne se présente comme, une femme battante, gentille et surtout bourrée de talent. « Je dis cela parce que je veux que tout le monde arrive à faire la découverte de cette belle galette que j’appelle ‘’Tama’’ », dit-elle toute souriante.
Comme bon nombre de vedettes, Awa Melone a débuté sa carrière musicale en tant que choriste. Et c’est avec beaucoup de fierté qu’elle nous cite quelques grands noms de la musique africaine auprès desquels elle a évoluée. « J’ai été la choriste de Beta Simon, Tiken Jah Fakoly, Fadal Dey, Fantani Touré du Mali, Lama Sidibé de la Guinée et bien d’autres. Au plan national, j’ai travaillé avec Bil Aka Kora, Zêdess, feu « Tonton » Géorges Ouédraogo, Alif Naaba ».
C’est en 2007 que le public burkinabè la découvre avec son premier album baptisé « Plus d’amour ». L’album connait un succès mitigé. « C’est vrai, l’album n’a pas décollé parce que je n’étais pas sur place pour faire la promotion. Mais, pour moi, c’était déjà une ouverture pour le chemin artistique que j’ai entamé », affirme-t-elle. « J’étais aux Etats Unis où je suivais des cours et aussi j’étais au Conservatoire de musique ou j’apprenais le piano. J’ai aussi perfectionné mon côté vocal parce que pour moi ma voix est mon premier instrument », a ajouté la musicienne.
En cette année 2017, après dix ans de formation et d’apprentissage, Awa Melone est de retour avec « Tama ».
Selon la musicienne, l’album représente la confirmation de ce qu’elle est. « C’est l’album de la maturité parce qu’après 10 ans, nous apprenons pas mal de choses. En plus, après tout ce temps, on cherche à perfectionner ce que l’on a », parlant de son opus.
Toujours à propos de cet album, elle fait savoir qu’il a été enregistré dans de très bonnes conditions, dans 4 studios au Burkina. Cela, « pas parce que l’un n’était pas mieux que l’autre mais parce qu’avec mon staff technique, nous avons voulu changer un peu les choses. Je changeais les studios afin d’avoir une bonne acoustique puisque nos enregistrements se font en live, surtout pour les prises de batterie et aussi pour que l’œuvre ne soit pas monotone ».
S’agissant de l’accueil de l’album par les mélomanes burkinabè, Awa Melone dit être « très étonnée » et « satisfaite » en voyant l’engouement qu’il y a autour de cet opus. « Cela me met encore beaucoup plus de pression », lâche-t-elle en pinçant un peu ses lèvres.
Malgré sa longue absence du paysage musical burkinabè, dans le milieu, pour de nombreuses personnes averties, Awa Melone est considérée comme une professionnelle. Satisfaite pour cette reconnaissance, elle explique son professionnalisme de la sorte : « J’ai eu la chance d’apprendre le solfège, d’aller à l’école d’où j’arrive à détecter pas mal de choses. C’est pourquoi, sur cet album, j’ai beaucoup travaillé, pas mal d’arrangements. Quand tu te mets sur un chemin, quand tu fais un boulot que tu aimes, alors, tu apprends pas mal de choses et cela te permet d’avancer ».
En dépit de son immense talent, certains professionnels de la filière musique burkinabè estiment que la musique de Awa Melone est destinée « à un certains public burkinabè ».
Sur ce sujet, pour notre vedette, la musique en elle-même n’est bonne que si les paroles touchent et sont censées.
« Il ne suffit pas de danser sur une musique, il faut savoir capter le message. Nous sommes là pour donner de belles paroles, conseiller les gens, lancer un message. Pour moi, c’est ça qui est très important. Mieux, il faut savoir partager sa culture, mettre sa culture en exergue à travers sa musique pour d’autres pays pour que l’on puisse localiser le Burkina », a-t-elle insistée.
Fervente promotrice de la culture et de la musique burkinabè, Awa Melone a une bonne vision car, de son avis, il y a une grande évolution par rapport aux années antérieures. « Nous avons plusieurs structures pour nous permettre de mieux évoluer. Il nous manque juste des encadrements pour pouvoir nous créer notre propre identité sans pour autant faire un copié-collé », ajoute-t-elle pour étayer ses propos.

Awa a des projets pour faire connaitre « Tama ». D’ailleurs, elle y est de plain-pied puisque la promotion de l’album a débuté, simultanément à Ouagadougou, à Bobo-Dioulasso, et en Côte d’Ivoire.
« Nous comptons donner plusieurs concerts dans toute l’Afrique mais comme la charité bien ordonnée commence par soi-même, c’est par la ville de Ouagadougou que nous allons débuter notre tour du continent africain, ensuite nous irons à Bobo-Dioulasso, puis la Côte d’Ivoire, le Mali et ainsi de suite » a dit la musicienne.
Awa Melone avec « Tama » vient ainsi d’entamer une nouvelle marche. « i tama », en langue dioula qui veut dire, « il faut poursuivre la marche » !

Lamine Traoré

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