Home > Culture > « Les occidentaux s’inspirent des musiques africaines, pour créer les leurs! » (Sidiki Diabaté, musicien)

« Les occidentaux s’inspirent des musiques africaines, pour créer les leurs! » (Sidiki Diabaté, musicien)

L’invité de la rédaction est le musicien, arrangeur et instrumentiste malien Sidiki Diabaté. Présent au Burkina Faso à la faveur de la 17e édition des Kundé, la plus haute distinction de la musique burkinabè en avril dernier, le fils de Toumani Diabaté, autre grande voix de la musique malienne a bien voulu répondre à nos questions. Son rapprochement avec le Burkina Faso, ses relations avec certains musiciens, sa vision de la musique africaine et surtout, le secret de son succès.

Radio Oméga : Bonjour Sidiki Diabaté
Sidiki Diabaté : Bonjour

Ce n’est pas votre première fois au Burkina Faso ?
Oui, ce n’est pas la première fois. Je suis venu à plusieurs reprises.

Comment vous vous sentez maintenant à Ouagadougou au Burkina Faso ?
Je me sens bien au Burkina Faso. Les gens ont du respect pour ce que je fais. C’est comme au Mali. Le Burkina Faso et le Mali, c’est le même pays.

Quand vous vous êtes produit à la 17e édition des Kundé, nous avons vu une salle en ébullition, qu’est-ce que cela vous a fait ?
Cela fait plaisir mais je pense qu’il faut véritablement remercier l’initiateur de cet événement Salfo Soré dit Jah Presse. Ce sont ces types d’activités qui montrent que le pays est stable où il fait bon vivre. Si le pays est instable, nous autres, on n’allait pas venir. On voit que tout va bien ici, que tout se passe bien, on va remercier Dieu pour cela.

Vous êtes chanteur, arrangeur et instrumentiste, comment vous arrivez à gérer tout cela ?
Je pense que c’est juste le bon travail qui paye. Je pense que tout travail qui est bien fait, il y a du succès derrière. Il faut être concentré, discipliné et ça va payer.

A chacune de vos sorties, ce sont des salles combles, véritablement tout va pour le mieux chez vous ?
En Afrique, en Europe je fais salle comble. J’estime qu’on doit juste amener la musique africaine là où elle n’a jamais été, faire chanter Beyonce, Jay-z ou bien d’autres artistes sur nos rythmiques. Par exemple sur vos rythmiques mooré (NDLR : langue la plus parlée au Burkina Faso) ou quelque chose comme ça. C’est ce qu’il faut faire. On doit amener la culture très loin.

Est-ce que vous êtes en contact avec des musiciens burkinabè ?
Des musiciens burkinabè pas trop. Je connais Imilo LeChanceux (NDLR Kundé d’Or 2017, grande distinction de la musique au Burkina Faso). Nous avons été en spectacle souvent ensemble. C’est un gars qui a plein d’avenir, je le félicite pour son Kundé d’Or.

Quelle est la vision de Sidiki Diabaté sur la musique africaine ?
Je pense qu’on s’inspire de nous. Les occidentaux s’inspirent des musiques africaines, pour créer les leurs! C’est quelque chose qu’on doit exploiter et valoriser.

On peut dire que pour vous c’est une tradition, votre père est aussi musicien ?

Je suis de la 71e génération de la famille griot des Diabaté. Je suis un griot. On naît griot mais on ne devient pas griot.

Quels sont les projets de Sidiki Diabaté, des sorties pour bientôt ?
Oui ! Un prochain album avec des tournées et des concerts. De grosses collaborations et de grandes réalisations vidéo.

Entretien réalisé par Lamine Traoré

Laisser un commentaire