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Marley d’Or 2017 : « Je compte porter haut le drapeau du Burkina dans tout le monde entier », (Jezy Kankelen)

Le Marley d’Or 2017, le reggae man Jezy Kankelen était samedi l’invité de la rédaction. Révélé à travers son album « Badoubah », le musicien a remporté le 11 mai dernier le trophée le plus convoité de la sphère reggae au Burkina. Il nous parle de ce prix, sa carrière, et ses projets.

Pourquoi le nom Kankelen, c’était Jezy avant?

Kankele signifie ‘’homme de parole’’, c’est-à-dire que ‘’ Je dis ce que je fais et je fais ce que je dis’’

Le Marley d’Or 2017, ça été une surprise pour vous ?

Nous faisons la musique pour faire plaisir aux autres, tout en leur donnant des conseils. Nous ne faisons pas la musique aujourd’hui pour que les mélomanes dansent et l’oublie demain. Nous ne sommes pas en perpétuel compétition et je ne m’étais pas mis en tête que j’allais remporter un prix un jour. Je fais ma musique et c’est tout.

N’est-ce pas donc un appel à mieux faire ?

Avec ce trophée, c’est comme si l’on a mis le Burkina tout entier sur mon dos et me dire de faire le tour du monde et prouver aux yeux du monde qu’au Burkina nous savons ce que nous voulons.

Pourquoi avoir dédié ce trophée aux enfants de la rue ?

De nos jours, les gens ne pensent qu’à se faire fortune sans penser aux autres. Tu peux avoir un voisin pauvre mais dès qu’il gagne un peu d’argent, celui-ci renforce sa porte et augmente sa clôture afin que personne ne puisse avoir l’œil sur lui parce qu’il a évolué mieux que les autres. Les gens ont oublié les démunies cette couche vulnérable. Voilà pourquoi j’ai tenu à dédier ce trophée aux démunie ; je le dédie également au Burkina tout entier.

Pourquoi avoir organisé cet événement, « un concert, un orphelinat » ?

Dans la rue, il y a une couche vulnérable, personne pour prendre soin de ces personnes et nous sommes leur bouche, leur oreilles voilà pourquoi nous avons organisé ce concert. Nous sommes en quelque sorte leurs pères et leurs mères.

Certains n’hésitent pas à dire qu’il faut aujourd’hui innover avec le reggae, qu’en dites-vous ?

Jetez un coup d’œil sur les musiques internationales, tout est dérivé de la musique reggae. Cette musique ne peut pas se démoder, c’est une musique spirituelle.

Il y a quelle différence entre reggae et rasta ?

Etre rasta n’est pas synonyme de musique reggae. La musique reggae, le rastafarisme et les dreads ne se rejoignent pas forcement. C’est bien différent.

On parle rarement de ce monde de reggae et de rasta sans parler de drogue, quelle est votre opinion sur la question ?

Les gens associent rasta, reggae et drogue. Le rasta est anti-drogue. Et personnellement, je ne prends pas la drogue. Même une simple cigarette je ne fume pas.

Quel sont vos projets dans les mois à venir?

J’ai un album de 12 titres enregistré à Bobo-Dioulasso qui est déjà sur pied et nous sommes en train de faire la promotion de mon dernier album, « Bato ». Mais j’ai au moins 4 albums déjà enregistrés. Ce n’est pas l’inspiration qui manque, mais les moyens. Si j’ai pu faire 10 ans de carrière musicale je ferai plus de 20 albums.

Quel est la vision de Jezy kankele de la musique reggae et quel est votre message à l’endroit de de vos fans?

A travers le Marley d’Or les burkinabè ont placé une confiance en moi et je compte porter haut le flambeau, le drapeau du Burkina dans tout le monde entier. Je ne baisserai jamais les bras, je ne ferai que persévérer. Je veux que tous les burkinabè soient mes disciples pour que l’on puisse faire avancer cette musique.

 

Entretien réalisé par Lamine Traoré

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