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« Notre musique a de la valeur et elle n’est pas parmi les dernières », (Rovane, musicienne)

L’invité de la rédaction est la musicienne Rovane. Avec elle il est question de son dernier album, le cinquième baptisé « Respect » sorti le mois dernier. Dans quelles conditions il a été enregistré, qu’est-ce qu’elle espère avec cet opus et quelle est sa vision sur la musique burkinabè de façon générale. Ce sont là, des questions auxquelles la musicienne répond.

Rovane, pouvez-vous nous parler de votre 5ème album intitulé respect ?

Mon nouvel album « Respect » comporte 10 titres. C’est un album très varié, chanté en langue dioula, français, baoulé et mooré.

Dans quelle condition est-ce que votre nouvel album a été enregistré ?

L’album comporte un titre qui a été réalisé en Côte d’Ivoire, à paris ; les conditions d’enregistrement se sont bien passées, je me suis faite accompagner par plusieurs arrangeurs. En matière de composition, je me suis faite accompagner par Manwdoé Célestin, Vincent de Paul pour une chanson en mooré, Dj Pissy un jeune togolais qui m’a aidé avec une chanson. Je me suis faite accompagner, pas par manque d’inspiration, mais cette fois-ci je voulais travailler avec plusieurs personnes en ce sens que les musiques varient et dégagent de la sensibilité. Sur l’album Respect, j’ai fait un featuring avec Ismaël Isaac qui est un artiste musicien Ivoirien. Pour la première fois j’ai fait du reggae dans un de mes albums, je voulais montrer que je pouvais être polyvalente.

Qu’espérez-vous finalement avec ce 5ème album ?

J’aimerais bien m’enraciner sur le sol burkinabè mais également au-delà de nos frontières. Lorsque je vais à l’étranger, je constate que la musique burkinabè est plutôt timide et même rare je dirai.

Certains n’hésitent pas à dire que les chansons de Rovane ne sont pas des rythmes typiquement Burkinabé, qu’en dites-vous ?

Les gens doivent comprendre que la musique est universelle. Les mélomanes aiment plus les musiques venant d’autres horizons. Qu’est-ce que c’est que la musique burkinabè ? Est-ce les chansons en langues ou les chansons traditionnelles? Nous sommes donc obligés de faire un brassage entre ce que nous avons au pays et la musique d’ailleurs afin de donner une belle coloration à la nôtre. Dans mon album précédent j’ai fait du liwaga parce que je suis de Kaya. L’essentiel pour moi c’est de pouvoir m’exprimer, véhiculer un message, éduquer, essayer de parler aux mélomanes, amuser les gens.

Parlez-nous de votre album intitulé « en attendant »

« En attendant » est un fait de société qui sévit malheureusement dans notre entourage. Evitons qu’un être humain, créature de Dieu puisse être en attendant de quelqu’un d’autre. Quand on ne veut pas d’une personne, que l’on ne lui donne pas de faux espoirs.

Quelles est votre vision sur la musique burkinabè ?

Ma vision est que la musique burkinabè a beaucoup évolué. Nos artistes ont beaucoup de talent et de potentialité. Je demande juste à nos mélomanes de nous faire confiance. Le burkinabè ne prend pas le temps d’écouter un album entier. Nous avons un trésor au Burkina que nous négligeons. Dans certains pays, ils priment plus leurs musiques locales qu’étrangères. Nous pouvons tout perdre, sauf notre culture. Il faut que l’on arrive à inculquer cela à nos enfants ainsi qu’à nos jeunes frères, que notre musique a de la valeur et elle n’est pas parmi les dernières.

 

Entretien réalisé par Lamine Traoré

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