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Rwanda : Les députés ouvrent la voie à un 3e mandat de Kagame  

Les députés rwandais ont adopté le jeudi 29 octobre à l’unanimité, un projet de réforme de la Constitution ouvrant la voie à un troisième mandat du président Paul Kagame en 2017 et lui laissant la possibilité, en théorie, de diriger le pays jusqu’en 2034.

Paul Kagame, 58 ans, homme fort du pays depuis 1994, a affirmé à plusieurs reprises ces derniers mois qu’il ne briguerait un troisième mandat que s’il était plébiscité par son peuple. La réforme constitutionnelle doit à présent être adoptée par le Sénat et par référendum.

Jeudi, les députés ont modifié l’article 101 de l’actuelle Constitution, qui date de 2003: désormais, « le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans. Il ne peut être réélu qu’une seule fois », a déclaré à la presse la présidente de la chambre des députés, Donatille Mukabalisa. La Constitution de 2003 prévoyait deux mandats de sept ans.

Mais, a précisé Mme Mukabalisa, un article 172 apporte une nuance de taille, permettant au président Paul Kagame, comme à tout autre candidat, d’être (ré) élu en 2017 pour un mandat de sept ans, puis par la suite, de briguer les deux mandats de cinq ans prévus par la constitution révisée.

La présidente de la chambre des députés, qui n’a pas rendu public le texte voté jeudi, a démenti le fait que l’article 172 ait été rédigé sur mesure pour M. Kagame. « C’est pour tout candidat à la présidence de la République, c’est pas seulement pour le président Kagame », a-t-elle déclaré.

Les souhaits du peuple

« Je veux remercier tous ceux qui ont pris part dans ce processus, nous avons fini notre travail (…) nous avons pris en compte les souhaits du peuple », a déclaré Mme Mukabalisa, après le vote de cette chambre exclusivement dominée par le FPR (Front patriotique rwandais, au pouvoir) et ses alliés.

Quelque 3,7 millions de Rwandais ont signé des pétitions lancées à travers le pays pour demander un maintien au pouvoir de M. Kagame, homme fort du pays depuis que sa rébellion du FPR a chassé en juillet 1994 le régime extrémiste hutu et mis fin au génocide déclenché en avril précédent. Les massacres ont fait environ 800.000 morts essentiellement au sein de la minorité tutsi.

La réforme constitutionnelle a été présentée par le pouvoir comme une pure initiative populaire, mais de nombreux observateurs y voient une manœuvre orchestrée par les autorités, dans un pays régulièrement épinglé pour ses atteintes à la liberté d’expression et son peu d’ouverture politique.

Seule formation politique du pays à s’opposer à un troisième mandat de M. Kagame, le Parti démocratique vert a vu sa requête rejetée début octobre par la cour suprême, qui a estimé qu’ « aucun article (de la Constitution) n’était immuable ».

Une commission composée de sept membres, essentiellement des juristes, avait été chargée en septembre d’élaborer ce projet de révision.

Mi-août, après trois semaines de « consultations populaires », le Parlement rwandais avait lancé le processus de révision, affirmant n’avoir recensé qu’une dizaine d’électeurs opposés à une telle réforme dans ce petit pays des Grands Lacs.

Dans plusieurs pays voisins, notamment au Burundi, en République démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda, les dirigeants sont accusés de vouloir contourner les règles pour se maintenir au pouvoir au-delà des limites constitutionnelles.

Le Rwanda est frontalier du Burundi, où la candidature en avril 2015 de Pierre Nkurunziza à un 3e mandat, considérée par l’opposition comme contraire à la Constitution, a plongé le pays dans une grave crise politique, émaillée de violences meurtrières. M. Nkurunziza a été finalement reconduit au pouvoir en juillet, lors d’une présidentielle jugée non crédible au niveau international.

Début septembre, Washington avait exprimé son opposition à un éventuel troisième mandat du président Kagame.

« Nous ne soutenons pas ceux qui, à des postes de pouvoir, changent les constitutions uniquement pour leurs propres intérêts politiques », avait commenté le porte-parole de la diplomatie américaine John Kirby.

Avec AFP

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