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An II du putsch : « La place n’est pas à la déception mais à la veille citoyenne », Me Batibié Bénao

« La place n’est pas à la déception mais à la veille citoyenne », selon Me Batibié Bénao. Il l’a affirmé lors d’un panel organisé dans le cadre de la commémoration des 2 ans de la résistance au putsch du 16 septembre 2015. Le contexte, le déroulement et les conséquences de cet évènement ont été abordés par les panelistes, autour du thème : « quels enseignements tirer de la résistance pour la consolidation de l’Etat de droit au Burkina Faso ? ».

Des enseignements à tirer de la résistance au putsch de septembre 2015, il y en a beaucoup. Me Batibié Bénao et le Pr. Séni Ouédraogo, tous les 2 juristes, et Boureima Ouédraogo, journaliste, les ont tour à tour égrenés lors de ce panel. Pour Me Batibié Bénao, une leçon essentielle est à retenir, aucune armée ne peut venir à bout d’un peuple engagé et déterminé. « Le peuple burkinabè a des convictions encrées dans la démocratie et l’Etat de droit de telle sorte qu’il a pu se mobiliser comme un seul homme pour faire face à ce coup d’Etat et le mettre en échec », a-t-il indiqué. Il affirme que les puschistes ont été surpris par la résistance Il suggère de « continuer à inculquer aux Burkinabè ces valeurs d’attachement à l’Etat de droit et à la démocratie ». Pour lui, « les comportements politiques qui peuvent amener ces genres de situations doivent être combattus ».

Le Pr. Séni Ouédraogo, enseignant-chercheur en faculté de droit, lui, appelle à une écriture de ce pan de l’histoire du Burkina, pour la postérité. Il estime qu’il appartient à ceux qui ont été acteurs ou témoins privilégiés de cet évènement d’écrire et de « restituer cette histoire pour qu’elle ne soit pas travestie dans l’avenir, par des usurpateurs ». Il en a profité pour saluer la publication par Shérif Sy, président du Conseil national de Transition (CNT) sous la transition, de deux livres sur l’insurrection populaire et le coup d’Etat manqué.

Quant à Boureima Ouédraogo, président de la société des éditeurs de presse privée, les médias ont toujours été constants, dans leur attachement aux aspirations des Burkinabè. Il prend en exemple, le fait que « même  » à la télévision nationale, les journalistes ont refusé d’ouvrir l’antenne aux putschistes lors des évènements des 16 et 17 septembre 2015. Il pense que les médias continuent de jouer leur rôle dans le renforcement de la démocratie au Burkina.

Les participants ont positivement apprécié ce panel. Mais beaucoup expriment leur déception face à la lenteur de la justice à situer les responsabilités des différents acteurs. Juliette Congo se dit « plus que déçue ». Elle pense que deux ans après on devrait « avoir quelque chose de clair en ce qui concerne ce putsch « . Parce que pour elle, l’affaire est récente et « tout le monde l’a vécue ». S’adresse à la justice burkinabè, elle lâche : « ils devraient avoir peur de Dieu et donner la vérité aux gens ».

Mais pour Me Batibié Bénao la place n’est pas à la déception, mais à la veille citoyenne.

Abdoul Fhatave TIEMTORE

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