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Burkina : les chauffeurs routiers du Burkina dénoncent “la poursuite des rackets de la part de la police, de la gendarmerie et des maires’’

L’union des chauffeurs routiers du Burkina (UCRB) a dénoncé mardi la poursuite des rackets de la part de la police, de la gendarmerie et des maires, et ce, en dépit du protocole d’accord signé le 05 août 2017 et de la rencontre d’échanges tenue le 02 janvier dernier avec les ministres du commerce et de la sécurité.
“Que vous soyez en règle ou pas, une fois que l’agent de police ou de la gendarmerie tient vos documents, il exerce sur vous son autorité. Lorsque vous êtes en règle, il trouvera toujours quelque chose à dire pour vous maintenir’’ a déploré Brahima Rabo, le président de l’UCRB.

“Et comme vous avez une contrainte de temps, vous allez lui donner 1000 ou 2 000 Francs CFA pour reprendre vos documents. Ceux-mêmes qui ne sont pas en règle vont plus vite que ceux qui le sont car, quand eux ils arrivent, ils ne parlent pas, ils donnent l’argent seulement’’ ajoute-t-il.

S’agissant du cas spécifique des maires, selon Brahima Rabo, à la sortie de chaque ville, ils doivent payer 1 000 Francs CFA, pour avoir traversé la commune. Or, depuis 2006, une lettre circulaire a été adressée à tous les gouverneurs des 13 régions du Burkina, précisant que “ la suppression de la taxe de traversée communale ne répondant à aucun critère juridique légal’’.

Durant le 2e semestre de l’année 2017, les chauffeurs routiers du Burkina avaient observé un arrêt de travail suite à la bastonnade et aux rackets dont ils sont victimes, refusant au passage de payer les redevances de passage aux postes de contrôles juxtaposés de Sinkansé. Pour une sortie de crise, le 05 août dernier, un protocole d’accord portant reprise du paiement desdites taxes a été signé. Selon le président de l’Union des chauffeurs routiers du Burkina, Brahima RABO, l’Etat avait pris des engagements, limitant à 2 le nombre de postes de contrôles documentaires et à 3 le nombre de postes de contrôles sécuritaires sur le corridor.

Face donc à la persistance des rackets et autres tracasseries routières dont ils sont victimes, l’UCRB recommande entre autres ‘’la clarification du poste de contrôle documentaire au niveau de Cinkansé, la mise en place d’un comité ad’hoc de veille et de suivi des accords et la réduction du nombre de contrôles sur l’axe Cinkansé –Koupèla, afin de minimiser les rackets et les tracasseries’’ selon les mots de son président Brahima Rabo.

Si l’UCRB ne donne pas une date buttoir au gouvernement pour l’application du protocole, elle entend poursuivre le dialogue avec le gouvernement. Toutefois, elle n’exclue pas d’user de tous les moyens légaux pour obtenir satisfaction, et ce, conformément à sa devise qui est “Négocier quand c’est possible, se battre quand c’est nécessaire’’ a laissé entendre Brahima Rabo.

Judith TRAORE

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