Home > Société > « Si tu veux bien faire ton travail, il faut lier amitié avec les secrétaires, parkeurs et vigiles » (Paul KABORÉ, collecteur livreur de la Poste)

« Si tu veux bien faire ton travail, il faut lier amitié avec les secrétaires, parkeurs et vigiles » (Paul KABORÉ, collecteur livreur de la Poste)

À l’occasion de la journée mondiale de la Poste célébrée ce 9 octobre, Radio Oméga a choisi de s’intéresser à un métier « en voie de disparition »: celui de « Facteurs » comme on les appelle sous d’autres cieux, « collecteurs livreurs » ou encore « post’éclair » au Burkina.

Paul Kaboré est l’un d’eux. Il est collecteur livreur à la SONAPOST (Société Nationale des Postes du Burkina Faso) depuis 2010.
Marié et père de 2 enfants, Paul qui est toujours debout à partir de 5h du matin, Paul Kaboré affirme arriver au service à 7h au plus tard. Présentement rattaché à la SONABHY (société nationale des hydrocarbures), sa journée commence par la collecte des journaux, qu’il livre à la nationale des hydrocarbures. Ensuite il collecte les chèques et factures de la SONABHY pour les livrer aux endroits indiqués. Entre 12h et 13h c’est le retour de « post’éclair » (NDLR: surnom tiré du l’appellation du service au niveau de la SONAPOST) à la SONABHY pour une autre collecte.

L’homme assure qu’il faut avoir un moral haut pour exercer ce métier : « avec la circulation de Ouagadougou, il faut être au top moralement pour pouvoir faire le travail, si tu es sur les nerfs tu pourras pas bien faire le travail c’est-à-dire qu’il faut être vraiment relaxe pour faire le travail. »

Des difficultés il n’en manque pas dans ce métier. Dans la course contre la montre, il peut y avoir prises de bec souvent avec certains secrétaires.

« Dans certains secrétariats nous avons des problèmes. Pour finir le travail il faut que tout soit calculé avec le temps. Souvent on est obligé de dire que post ‘éclair ne s’assoit pas. Certains, quand tu t’assois, ils pensent que tu peux attendre 10 mn pour qu’ils fassent autre chose, donc on préfère rester debout pour qu’ils nous libèrent rapidement. Certains secrétaires n’hésitent pas lire tout le contenu du courrier avant de décharger. On a aussi des problèmes avec les parkings et vigiles . ».

Pour mieux faire son travail, Paul Kaboré est obligé de lier une amitié avec les parkeurs, les vigils et les secrétaires. « Les parkeurs, les vigiles et les secrétaires, ce sont nos amis. Il faut vraiment lier une familiarité avec ces gens-là pour bien le travail ».

Autre difficulté, les erreurs de livraison dues à la pression du travail. Paul Kaboré indique qu’il est difficile pour certains secrétaires de comprendre les erreurs de livraison. « Quand tu fais une erreur de livraison et tu pars livrer ailleurs. Quand immédiatement le destinateur se rend compte, tu récupère et tu reviens livrer, il y a des secrétaires qui ne comprennent pas ».
Comme Paul Kaboré, ils sont au total 14 collecteurs livreurs à couvrir la ville de Ouagadougou et ses environnants.

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