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Burkina : Le MBDHP interpelle le gouvernement sur la prolifération  des actes criminels

Ceci est une déclaration du Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) sur la situation sécuritaire que vit la Burkina Faso ces derniers mois. A travers cette déclaration, le MBDHP interpelle le gouvernement sur la nécessité de prendre des mesures pour assurer la protection des citoyens.

 (Déclaration)

C’est avec une vive consternation que le MBDHP a, une fois de plus, suivi en cette dernière semaine du mois de mars 2016, les manifestations tragiques du fléau de l’insécurité dans notre pays.

En l’espace d’une semaine en effet et de façon non exhaustive, il se dresse le triste constat suivant.

Dans la nuit du 22 au 23 mars 2016, aux environs de 22h15mn, Yacouba BOURKINTARE, commerçant résidant à Pama a été abattu par trois bandits, puis dépouillé des sommes d’argent qu’il détenait, alors qu’il rentrait chez lui, après la fermeture de son commerce. Au cours de la même attaque, une employée du défunt a, par ailleurs, été blessée par balles.

Le 29 mars 2016, un autre commerçant, de nationalité ghanéenne, a été tué tandis que trois autres étaient blessés, lors du braquage d’un car de transport, à 15 km de Pô, précisément au niveau du pont Nahouri. Là également, les victimes ont été dépouillées d’importantes sommes d’argent par les délinquants, qui ont réussi à s’enfuir dans la forêt jouxtant le lieu des faits.

Toujours le 29 mars 2016, à Hella-Pamena, dans la commune rurale de Bouroum-Bouroum, Hatina Ouoba, assistant de police stagiaire, en service au commissariat de police de Bouroum-Bouroum, a été tué par balle par un individu suspecté de menaces de mort, alors même qu’il participait à une mission chargée de procéder à l’interpellation dudit suspect.

Ces malheureux évènements par leur proximité dans le temps et leur extrême gravité, indiquent clairement l’urgence qui s’impose quant à l’élaboration et à la mise en œuvre d’une véritable politique efficace de sécurisation des personnes et de leurs biens par l’Etat, en tant que garant de la sécurité.

Les circonstances du meurtre du stagiaire Hatina Ouoba en particulier, témoignent une fois de plus de l’insuffisance de moyens mis à la disposition de nos forces de défense et de sécurité, souvent sous-équipées, et qui doivent faire face à des bandits de plus en plus lourdement armés, disposant même souvent d’armes de guerre.

Le MBDHP tient à rappeler que la sécurité est un droit garanti par les instruments juridiques pertinents de protection des droits humains.

Aussi l’Etat devrait-il prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la jouissance de ce droit à ses citoyens, en assurant un équipement conséquent de nos forces de défense et de sécurité.

Toutefois, la lutte contre l’insécurité ne devrait point constituer en elle-même, source d’insécurité pour les citoyens en servant de prétextes à des violations de droits humains.

C’est pourquoi, toute politique de lutte contre le grand banditisme doit obligatoirement s’inscrire dans le cadre des règles de l’Etat de droit.

Au regard de ce qui précède, le MBDHP :

Condamne fermement ce phénomène ambiant et récurrent du grand banditisme avec pour conséquences ces multiples atteintes à la vie et de manière générale, à la sécurité des personnes et de leurs biens ;

Présente ses condoléances les plus attristées aux familles endeuillées et à la police nationale ;

Souhaite un prompt rétablissement aux blessés ;

Appelle le Gouvernement à prendre toutes mesures nécessaires en vue de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens, en œuvrant notamment à :

-rechercher, appréhender et punir à la hauteur de leurs actes criminels, les bandits qui écument nos villes et campagnes et y sèment la mort et la désolation ;

-l’équipement adéquat des forces de défense et de sécurité en moyens de travail, y compris en moyens scientifiques, en vue d’accroître leurs capacités d’investigations et d’actions ;

-une stricte application des normes relatives aux droits humains dans la lutte contre le grand banditisme ;

-une prise en charge des familles (des enfants mineurs en particulier) des éléments de forces de défense et de sécurité tombés dans l’exercice de leurs missions.

Non à l’insécurité, source de violations des droits humains !

Oui à la mise en œuvre d’une véritable politique de lutte contre le grand banditisme !

Ouagadougou, le 04 avril 2016

Le Comité exécutif national

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